Le Regard de Philippe Labro

HOCKNEY FOREVER

Le regard de Philippe Labro
2 min ⋅ 11/04/2025

Et bien, c’est un événement !  Naturellement, on s’y attendait, mais à ce point-là, non. Tout le monde connaît déjà le génie de David Hockney, sa capacité de faire comprendre et apprécier les personnages, les lieux, les couleurs, le temps, l’époque, une région, les saisons, mais aussi sa naïveté apparente, sa faculté de faire croire que tout cela aurait pu être dessiné ou peint par un enfant. Il se trouve qu’aujourd’hui, grâce à la Fondation Louis Vuitton, nous avons le droit, nous tous parisiens et sans doute, les milliers d’autres gens qui viendront de province et de l’étranger, à une exposition de plus de 400 œuvres, certaines inédites, et qui va littéralement faire s’allonger les foules le long du bois de Boulogne pour aller jusqu’à la Fondation Vuitton. « 25 », pourquoi ? Parce que 25 ans d’œuvres, 25 ans de totale création.

Hockney a toujours été pour moi une découverte, un enchantement, les couleurs, les formes, la fausse simplicité, l’intelligence du choix et du regard, l’humour qu’il simulait derrière des personnages, une certaine contemporanéité, un semblant de mélancolie, aussi.

Les français ont la chance, c’est une véritable chance, croyez-moi, d’aller au Bois de Boulogne pour redécouvrir et comprendre le génie de cet homme. Ça n’est pas simplement un « petit peintre » qui s’est servi d’aquarelles un jour, et de crayons de couleur, et d’acryliques, d’IPAD et autres accessoires, c’est un homme qui a un regard, une vision, une appréhension de la nature, des hommes, des formes, des couleurs, et qui, à sa manière, est aussi moderne et contemporain que tous les contemporains et modernes qui l’ont précédé. Il réinvente une vision du monde, il réinvente une vision des êtres, il réinvente les mouvements, il réinvente les arbres, c’est un inventeur, c’est un petit génie, tout simplement.

Evidemment, vous irez voir Hockney comme tout le monde, et vous ferez la queue comme tout le mondeVous aurez le droit d’attendre. Ça mérite qu’on attende. Hockney mérite qu’on l’attende. Ses piscines californiennes, ses pommiers en fleurs du Calvados, la « Moon Room », et cette pièce dans laquelle sont exposées des peintures récentes de nature, d’arbres, qui nous font sentir à l’extérieur alors que nous sommes dans un musée sans fenêtre, vont enchanter le printemps et l’été qui vient.

Quant à ses métaphores, je les adore : « Souviens-toi, on ne peut pas supprimer le printemps. »

Souvenez-vous : on ne peut pas se passer de Hockney.

Citation du jour : « La peinture est une manière d’être. La tentation de respirer dans un monde irrespirable  »

Jean Bazaine

Le regard de Philippe Labro

Par Philippe LABRO







Crédit photo : Alexandra Csabay Labro